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Prélèvements sur le budget des Agences de l’eau : le gouvernement reste inflexible

Dans le cadre du débat sur les taxes affectées, les députés ont examiné plusieurs amendements visant à amoindrir les effets des prélèvements sur les recettes des Agences de l’eau. Ils ont tous été rejetés par la majorité.
Rappelons que pour 2019, le gouvernement prévoit de mettre en place un système qui avait été, à l’origine, prévu pour cette année : le « plafond mordant ». Pour faire simple, tout ce que les agences de l’eau percevront comme recettes au-delà de 2,105 milliards d’euros sera directement redirigé vers le budget de l’État. En outre, un prélèvement toujours plus important est prévu sur leurs recettes pour financer non seulement l’Agence française de la biodiversité mais également l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. En clair, il est prévu que les Agences de l’eau financeront la promesse présidentielle de diviser par deux le montant du permis de chasse – comme le rapporteur du budget, Joël Giraud, l’a d’ailleurs lui-même reconnu dans l’hémicycle hier. Cette contribution des Agences de l’eau, sur ce point précis, s’élèverait à une vingtaine de millions d’euros.

Les collectivités directement impactées
Plusieurs amendements ont été déposés par des députés de l’opposition, de gauche comme de droite, pour tenter de faire relever le niveau du plafond mordant. Les montants varient, mais pas les arguments : tous ont répété, d’une façon ou d’une autre, que les Agences de l’eau « voient leur champ d’action étendu, notamment à la lutte contre le changement climatique, l’institution d’un plafond mordant induira nécessairement la diminution, voire l’arrêt de certaines aides pourtant toujours nécessaires aux territoires ». Bertrand Pancher, député de la Meuse, a enfoncé le clou : « Les agences ont pris des engagements vis-à-vis des collectivités locales, lesquelles ont fait l’erreur de croire qu’ils seraient tenus. Année après année, le financement des Agences fait l’objet d’un prélèvement. Et on nous explique ensuite qu’il n’y a pas de problème de dotations aux collectivités ! C’est vrai, le niveau de leur dotation est maintenu, mais d’un autre côté, celles qui se sont engagées dans des travaux – notamment d’assainissement – se voient retirer des financements ! ». L’ancien maire de Bar-le-Duc, comme d’autres députés, a pris des exemples concrets d’agences expliquant aux collectivités « qu’elles ne pourraient pas tenir leurs engagements », et qu’en particulier certaines ne prendraient plus en charge le financement de l’assainissement non collectif. « Une collectivité qui s’engagera dans ce domaine devra donc en répercuter le coût sur les usagers, ce qui entraînera une augmentation significative du prix des services d’eau et d’assainissement. »
Christine Pires Beaune (Puy-de-Dôme) a également longuement défendu le principe d’un relèvement du plafond, en argumentant sur le fond et en confirmant que « certaines collectivités s’entendent répondre par les agences de l’eau que leurs projets ne peuvent être retenus faute de moyens ». Les ponctions sur le budget des Agences de l’eau, a-t-elle défendu en prenant une part de responsabilité, la mesure ayant été décidée par le précédent gouvernement, ont été décidées « sans qu’il y ait eu d’analyse des besoins correspondants aux objectifs des politiques publiques ni de réflexion sur le périmètre des missions confiées aux agences ». Le plafonnement « touche essentiellement les dépenses d’intervention, soit l’objet même de l’activité [des agences] ».
Le député de la Loire-Atlantique Yannick Haury a également relevé une autre incohérence du budget : celui-ci prévoit une hausse de « 50 millions d’euros » de la redevance pour pollution diffuse… qui sera directement reversée au budget de l’État pour cause de dépassement du plafond !
Tous ces amendements ont été rejetés en bloc, après avis défavorable du gouvernement, par la majorité. Y compris celui qui visait à relever le plafond de la somme simplement nécessaire pour ne pas faire retomber sur les Agences de l’eau le financement de la baisse du prix du permis de chasse. Le rapporteur général du budget, Joël Giraud, a toutefois admis qu’il s’agissait là d’une « vraie question », sur laquelle il pourrait être possible de « revenir ultérieurement ».


Adoption du 11ème programme d'intervention 2019-2024 : 1,114 milliard d'euros pour financer des projets sur l'eau et la biodiversité

Ce vendredi 5 octobre 2018, le Conseil d’administration de l’Agence de l'Eau Artois-Picardie, présidé par Monsieur le Préfet, Michel LALANDE, et le Comité de bassin présidé par Monsieur André FLAJOLET, ont approuvé le 11ème Programme d’intervention 2019-2024 de l’établissement.

Ce nouveau programme d’intervention couvrira une période de 6 ans et sera effectif dès le 1er janvier 2019.

Deux ans de travaux préparatoires et de concertation:
. 2017 : Définition des grands enjeux et des premiers cadrages ;

. 2018 : Elaboration des propositions d’affectation des dotations financières et des « règles du jeu d’intervention » : les délibérations.

. Ainsi, en 2 ans, 4 réunions de la Commission permanente programme et 12 réunions de groupes de travail temporaires (agriculture/ collectivités et politiques territoriales/ industrie/ milieux naturels et mer/ action internationale/ biodiversité/ changement climatique et conséquences sur la gestion quantitative et qualitative de la ressource) ont été nécessaires pour élaborer et faire adopter un programme d’intervention de plus d’1 milliard d’euros.

1,114 milliards d’euros sur 6 ans pour une prise en compte volontariste de la nécessaire  « adaptation au changement climatique »
Le 11ème programme introduit des sujets transversaux, en lien avec les grands défis de ce siècle, et maintient une solidarité territoriale forte au sein de ce territoire :

Reconfirmation des taux de financements pour soutenir des études ou des travaux liés à l’adaptation au changement climatique et à la biodiversité
Elargissement de la politique d’intervention « gestion des milieux naturels » aux milieux naturels hors zones humides, y compris sur le volet littoral
 

Une baisse de la pression fiscale et des redevances plus équitables
Pour répondre à l’objectif national de réduction des prélèvements obligatoires, les redevances collectées seront en diminution: une baisse de 10 à 20% du taux de redevances sur le bassin Artois-Picardie. Celles-ci sont payées par chaque usager en fonction de sa consommation d’eau et de la pollution rejetée dans le milieu naturel.

Ouverture, simplification, priorisation: trois mots clés de ce nouveau Programme
Ouverture pour l’extension du champ d’intervention de l’agence de l’eau au milieu marin, à la biodiversité et au changement climatique,
Priorisation : par l’introduction de critères génériques, géographiques ou thématiques dans les choix de projets (ex : priorité aux approches globales à l’échelle des bassins versants),
Simplification : par la dématérialisation accrue des demandes ou l’harmonisation des modalités d’aides entre politiques d'intervention,
Le 11ème Programme, ambitieux et volontariste, intègre ainsi les inflexions introduites par la Loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages et par la première phase des Assises de l’eau, conclue le 29 août 2018 par le Premier Ministre.

http://www.eau-artois-picardie.fr/adoption-du-11eme-programme-dintervention-2019-2024-1114-milliard-deuros-pour-financer-des-projets

 

 


Règlement Départemental de la Défense Extérieure Contre l’Incendie

Règlement Départemental de la Défense Extérieure Contre l’Incendie


Assises de l'eau l'exemple du Syndicat Intercommunal d'Eau Potable du Santerre

Ce reportage sur le territoire du Syndicat Intercommunal d'Eau Potable du Santerre a été réalisé dans le cadre des assises de l'eau dont l'enjeu est de relancer l’investissement dans les réseaux d’eau et d’assainissement. La gestion de l’eau et de l’assainissement est une compétence du bloc communal. Loin de se substituer à eux, le Gouvernement a décidé d’accompagner les élus pour qu’ils puissent faire face eux-mêmes à leurs difficultés et réaliser les investissements nécessaires à l'entretien, au renouvellement et à la modernisation des installations, en priorité dans les territoires ruraux. En lançant les Assises de l’eau, le Gouvernement se donne les moyens de clarifier la situation par l’intermédiaire d’un diagnostic fin et de mettre en place un plan de lutte contre les fuites qui permettra : • d’assurer une bonne capacité d’ingénierie technique des collectivités locales • de déployer une ingénierie financière adaptée aux situations des territoires • de soutenir l’activité économique et l’emploi en zone rurale • de maintenir le principe de solidarité entre le milieu rural et le milieu urbain.


LOI no 2018-702 du 3 août 2018 relative à la mise en œuvre du transfert des compétences eau et assainissement aux communaut&

La loi Notre du 7 août 2015 imposait le transfert des compétences eau et assainissement aux communautés de communes et d'agglomération pour le 1er janvier 2020. 

La loi relative à la mise en oeuvre du transfert des compétence eau et assainissement aux communautés de communes adoptée le 3 août accorde une possibilité de report de ce transfert jusqu'au 1er janvier 2026, si une minorité de blocage (25 % des communes membres représentant plus de 20 % de la population) s'exprime en ce sens, d'ici 1er juillet 2019.
 Le gouvernement s'étant opposé à l'extension de cette faculté aux communautés d'agglomération, cette dérogation ne s'applique que dans les communautés de communes.


Agriculture : compter les insectes pour mieux cultiver son champ

http:/www.actu-environnement.com/ae/news/video-observatoire-agricole-biodiversite-insectes-pratiques-31618.php4


L'Observatoire agricole de la biodiversité propose aux agriculteurs quatre protocoles d'observation et de comptage d'insectes dans les parcelles. Un moyen d'évaluer la biodiversité et de s'interroger sur certains pratiques et traitements dans les champs.

Observer et dénombrer la biodiversité ordinaire dans les parcelles afin de mieux connaître la biodiversité en milieu agricole. Voilà ce que propose l'Observatoire agricole de la biodiversité (OAB) aux agriculteurs français volontaires. Quatre protocoles sont proposés et concernent des taxons choisis pour leur lien avec l'agriculture : nichoirs pour abeilles solitaires et "transects" papillons (pollinisation), placettes vers de terre (fertilité des sols), et plaques d'invertébrés terrestres (lutte contre les ravageurs).

Le projet vise à renseigner une base de données scientifique pour tracer des tendances globales à long terme de biodiversité en milieu agricole, et accompagner les exploitations engagées dans le dispositif, pour mieux prendre en compte le rôle des insectes dans les parcelles.

Mosaïque d'habitats naturels

Après sept années d'existence, l'observatoire dresse un premier bilan du lien entre biodiversité, paysage, et pratiques agricoles. "Quel que soit le protocole, on observe que l'abondance et la diversité moyennes sont toujours plus importantes dans les parcelles situées dans un paysage composé d'une mosaïque d'habitats par rapport aux parcelles situées dans un paysage homogène", analyse Rose-Line Preud'homme, chargée de mission au Muséum national d'histoire naturelle et coordinatrice de l'OAB. Cet effet est particulièrement fort pour les pollinisateurs : abeilles solitaires et papillons.

"L'objectif est d'augmenter les observations, et de diversifier le type de parcelles suivies, explique Elodie Chauvet, chargée de mission biodiversité à l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture (APCA). Nous souhaitons impliquer davantage les agriculteurs à conduire eux-mêmes les observations, pour qu'ils se rendent compte de l'influence de leur travail et de leurs pratiques sur la biodiversité observée chez eux." 278 exploitations et 540 parcelles ont pris part à ce programme en 2017.


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Résultats du 21 ème baromètre de perception de l’eau et de son service

Trois faits majeurs se distinguent pour cette vingt et unième édition : 

— Une amélioration de la perception du prix du service de l’eau qui traduit une meilleure acceptation du coût de ce service d’année en année ; 
— Une progression sensible des indicateurs de confiance, notamment parmi les consommateurs s’estimant très satisfaits de la qualité de l’eau du robinet ;
 — Enfin, les conditions climatiques, cette année, ont manifestement marqué les esprits. Les Français n’ont jamais si nettement considéré l’eau comme une ressource fragile et leurs craintes de pénurie se sont renforcées. 2017 a connu, en effet, un hiver trop sec et un printemps trop chaud (2017 détient le record du mois d’avril le plus sec depuis 1959 !).

http://www.eau-artois-picardie.fr/file/3226



Guide de l’érosion - lutter contre l'érosion

La lutte contre l’érosion et le ruissellement des terres agricoles est un enjeu essentiel tant pour la préservation du sol – support vivant de notre alimentation – que pour la préservation de la qualité de nos milieux aquatiques et la protection des biens et des personnes. Selon la Commission européenne, l’érosion est la principale menace pesant sur les sols. La surface du territoire européen affectée par l’érosion est estimée à près de 17 %, soit 26 millions d’hectares. A titre d’exemple, des mesures réalisées dans le lit d’un cours d’eau à l’aval d’un bassin versant très sensible du Nord de la France ont enregistré le passage de 350 000 tonnes de terres entre 1997 et 2002, soit l’équivalent de la totalité de la couche arable d’une exploitation de 100 hectares.
http://www.eau-artois-picardie.fr/file/3334



Assises de l'eau : l'enjeu n'est pas que dans les tuyaux

Les gestionnaires publics de l'eau regroupés au sein de France eau publique (FEP), qui a tenu une conférence de presse le 29 juin, estiment qu'à trop focaliser sur les problématiques d'investissement dans les canalisations et de réduction des fuites, les Assises de l'eau font l'impasse sur des enjeux plus pressants comme la sécurisation du devenir des agences de l'eau, la stabilisation du paysage législatif et la solidarité entre services de l'eau pour pallier les difficultés des plus fragiles.

"Les services publics de l'eau vont bien, merci !" Le mot est de Célia Blauel, présidente de "Eau de Paris". Le 29 juin France eau publique (FEP), auquel adhère la plus grande régie publique d'eau de France aux côtés d'autres opérateurs publics de toute taille et de collectivités, a salué la tenue des Assises de l'eau en tant qu'exercice mais moins pour son contenu et sa dimension centralisatrice.
Le plan de relance des investissements et de lutte contre les fuites auquel aboutira sa première séquence est annoncé pour le 17 juillet prochain. Il est d'avance mal perçu par les acteurs locaux de l'eau. A la tête de la FEP, Christophe Lime, maire adjoint de Besançon (Doubs) en charge de l'eau et de l'assainissement, détaille leurs craintes : "Très partagées sur le terrain, elles portent sur la vision donnée des services de l'eau. Certains d'entre eux sont en difficulté mais d'autres se portent très bien, assurent un service de qualité et peuvent être solidaires des plus fragiles - ce que ces assises ont tendance à occulter."
Plusieurs syndicats des eaux ont appuyé ce propos. Par exemple celui de la Collectivité Eau du Bassin Rennais, une SPL dont le président, Yannick Nadesan, estime que "le retour d'une gestion publique de l'eau a permis dans ce bassin d'optimiser les investissements et de générer des économies qui sont réinjectées dans le service". Le processus de professionnalisation a gagné ces structures : "Nous avons une vision entrepreneuriale, priorisons les investissements, préparons par exemple ceux que nécessiteront les stations d'épuration de troisième génération", illustre Denis Hommel, président du Syndicat des eaux et de l'assainissement Alsace-Moselle (SDEA).
Pour ces acteurs locaux et la FEP, la mobilisation des assises se résume à un plan d'investissements dans les canalisations qui occulte les autres enjeux de l'eau et de l'assainissement. "Or ce renouvellement est loin d'être le seul objectif des services d'eau et d'assainissement. C'est important mais pas forcément la priorité et nous ne voulons pas que des investissements nous soient imposés d'en haut au détriment des autres à réaliser", défend Christophe Lime.

Pilotage local

La FEP réclame qu'il soit laissé aux élus locaux la possibilité de définir les enjeux prioritaires en adéquation avec le contexte local. "L'eau ne se résume pas à des tuyaux. En aligner sans cerner et répondre aux besoins des territoires ne sert à rien", rebondit Yannick Nadesan. Même son de cloche dans l'Aube où le Syndicat départemental des eaux (SDDEA), à qui la ville de Troyes vient de transférer la gestion de l'eau depuis peu en régie, demande par ailleurs une pause législative et réglementaire : "Les textes n'ont cessé d'évoluer. Il nous faut du temps pour digérer les dispositions de la loi Notre", relève son président Nicolas Juillet.

Autant de positions affinées dans le livre blanc que la FEP diffuse à cette occasion. Elle y liste une quinzaine de propositions, par exemple pour sécuriser les régies communes d'eau et d'assainissement. Gérer les deux au sein d'une même entité serait source d'efficience. Maintenir deux régies et doublonner les procédures, outils et personnels sont des démarches allant à l'encontre des objectifs de rationalisation pourtant défendus par le gouvernement. La possibilité de créer des régies multi-services et multi-compétences environnementales est demandée. Notamment pour optimiser la productivité de ces structures et consolider leur assise financière : "C'est le cas à Rennes, nous ne pouvons pas intervenir sur les réseaux d'eaux des centres universitaires et CHU, leur proposer des prestations de travaux et donc valoriser des moyens dont nous disposons et améliorer notre équilibre financier", indique Yannick Nadesan. Ce livre blanc invite aussi à conforter les agences de l'eau dans leurs missions actuelles et en tant qu'actrices de la mise en œuvre des politiques de l'eau : "L'Etat parle d'augmenter les investissements dans les réseaux mais la ponction sur le budget des agences est en totale contradiction avec cette ambition." Leurs budgets sont en effet sous forte contrainte et ces agences n'ont d'autre choix que de réduire les aides aux collectivités ou à les orienter vers le grand cycle au détriment du petit. "Sous-investir dans l'un pour mieux investir dans l'autre n'a guère de sens car les deux sont intimement liés", lit-on dans ce livre blanc

https://www.caissedesdepotsdesterritoires.fr/cs/ContentServer?pagename=Territoires/Articles/Articles&cid=1250281179601


Une plante magique au secours de l’eau potable du Santerre

Trois agriculteurs du secteur de Rosières-en-Santerre ont décidé de planter du miscanthus pour nettoyer les sols… et donc l’eau potable. Ce, grâce à une plante, le miscanthus, dont la culture pourrait se développer dans l’est de la Somme et, pourquoi pas, en Picardie.

Les habitants de l’est de la Somme ont déjà vu, ces dix dernières années, des champs de miscanthus giganteus entre Villers-Carbonnel et Marchélepot. Ces grandes tiges ébouriffées au sommet.

Nous vous proposons d’en découvrir l’utilité que souhaite en avoir des agriculteurs du Santerre et le Syndicat intercommunal d’eau potable (Siep) du Santerre.

 

Grand format :

 

https://spark.adobe.com/page/NwO9Yp65lNjcb/



http://www.courrier-picard.fr/106228/article/2018-04-26/une-plante-magique-au-secours-de-leau-potable-du-santerre-grand-format



Miscanthus : une culture propre pour protéger la qualité de l'eau dans le Santerre

Le 16 avril, le Siep du Santerre a signé une convention avec trois agriculteurs prêts à planter du miscanthus sur leurs parcelles. Ce projet vise à préserver la qualité de l’eau.

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Signature du contrat entre les trois agriculteurs et le Siep du Santerre représenté par Philippe Cheval (à dr.).
Signature du contrat entre les trois agriculteurs et le Siep du Santerre représenté par Philippe Cheval (à dr.). - © F. G.


Les plantes du miscanthus, encore peu connues aujourd’hui, ont fait leur apparition dans la Somme récemment chez quelques agriculteurs. Mais, jusque-là, ces plantes n’ont jamais été intégrées dans le cadre d’un plan d’actions visant à améliorer la qualité de l’eau dans le territoire samarien par la diminution notamment des nitrates. C’est chose faite désormais avec le partenariat que vient de signer le Syndicat intercommunal de l’eau potable (Siep) du Santerre avec trois agriculteurs, Alexandre Deroo, Frédéric Huyghe et Martin Chuffart. Une expérience déjà réalisée, il y a quinze ans, en Alsace, à Ammertzwiller.

Retour en arrière. 2001 : les inondations suite au débordement de la Somme ont révélé des taux de pollution due aux nitrates, dépassant les 50 mg/l dans le Santerre, sans compter l’émergence de produits phytosanitaires (atrazine et divron interdits depuis des années, mais aussi du bentazone et du lenacile, toujours autorisés). «Si les taux ont diminué par la suite, on est toujours resté dans les limites de 45 à 50 mg/l sur notre territoire du Santerre», précise Marine Josse, responsable qualité de l’eau et des espaces verts au Siep du Santerre.
Conséquence : le territoire a été certifié prioritaire dans le Grenelle de l’environnement, entraînant la mise en place d’un programme d’actions multi-acteurs (communes, industriels, artisans, agriculteurs et particuliers) pour diminuer les pressions sur le contour de l’aire d’alimentation des captages de Caix, particulièrement sur les zones les plus sensibles. Ce programme, lancé en 2011 dans le cadre de l’Orque (Opération de reconquête de la qualité de l’eau, avec le soutien financier de l’Agence de l’eau Artois-Picardie, ndlr), a défini un panel d’actions sur les captages d’eau à Caix.
Un programme d’actions agricoles a été mis sur pied autour de sept actions et trente-neuf sous-actions pour lutter contre les pollutions ponctuelles (phytosanitaires, gestion des fonds de cuve, stockage d’engrais, d’huiles, etc.), et pour optimiser la fertilisation et l’usage des produits phytosanitaires. Le diagnostic du programme d’actions, avec une échéance à trois ans, puis à cinq ans, rendu en décembre dernier, a permis d’atteindre 50 % des objectifs. La bataille est donc loin d’être gagnée. Pour aller encore plus loin, des groupes de travail ont été constitués avec les agriculteurs afin de trouver de nouvelles actions permettant de réduire la pression des nitrates sur les captages d’eau.

Du bio au miscanthus
«L’idée du Siep, au départ, a été d’acheter 80 ha de terres les plus mauvaises autour de l’aire de l’alimentation des captages pour y mettre des cultures sans intrants afin de diminuer le taux de nitrates dans l’eau. L’agriculture bio était une piste, mais difficile à mettre en place dans le Santerre. Finalement, dans les groupes de travail avec les agriculteurs est sortie l’idée de planter du miscanthus, une culture propre», raconte Philippe Cheval, président du Siep du Santerre. Sur les seize agriculteurs concernés, trois ont, pour l’instant, répondu à l’appel, mettant à disposition une superficie de 10 ha. La convention signée avec le Siep stipule que la culture de miscanthus doit être laissée durant quinze ans.
Le deal est le suivant : le Siep apporte une aide financière à la plantation (soit 3 000 €/ha par an) et Novabiom se charge de planter et d’acheter le miscanthus. Compte tenu de la rémunération faible, soit 70 e/t, le Siep participe aussi à la recherche de nouveaux débouchés. La Sitpa pourrait se montrer intéressée pour sa chaudière fonctionnant, pour le moment, uniquement au bois. Autres pistes  : les litières de chevaux, de chats et de chiens, ou encore des pièces automobiles et du béton armé à base de miscanthus. Les débouchés viendront et la qualité de l’eau n’en sera qu’améliorée. Un contrat gagnant-gagnant, permettant aussi d’éviter de faire une usine de dénitrification, qui ferait augmenter la facture d’eau.


Captages

Les captages d’eau les plus importants se situent à Caix (Caix 1 et Caix 3). Ils représentent 2,6 millions de m3 d’eau par an, soit 71 % de la consommation d’eau sur l’ensemble du territoire (83 communes au niveau du Siep du Santerre). Le reste des champs captants se trouve à Potte et à Morchains.


De g. à dr. : Alexandre Deroo, Frédéric Huyghe et Martin Chuffart.
De g. à dr. : Alexandre Deroo, Frédéric Huyghe et Martin Chuffart. - © F. G.

Trois agriculteurs sont prêts à cultiver dix hectares dans le Santerre


Alexandre Deroo, Martin Chuffart et 
Frédéric Huyghe ont accepté de planter 
du miscanthus, à la demande du Siep du Santerre. Leurs raisons.

Soit on reste les bras branlants jusqu’à ce que la réglementation vous rattrape et vous impose des choix draconiens, soit on prend le taureau par les cornes. C’est la seconde option qu’ont choisie Alexandre Deroo, Martin Chuffart et Frédéric Huyghe, agriculteurs en polyculture dans le Santerre. Le miscanthus, aucun n’y pensait jusqu’ici, ni ne connaissait ses itinéraires culturaux. «Je ne savais pas quand cela se récoltait ou se plantait», avoue Martin Chuffart, agriculteur, installé depuis 2008 en EARL avec ses parents, à Bayonvillers. Même réponse de la part des autres agriculteurs.
Aussi quand, dans les groupes de travail constitués par le Syndicat intercommunal de l’eau potable du Santerre (le but était de réfléchir avec les agriculteurs à des solutions permettant d’améliorer la qualité de l’eau grâce à des pratiques culturales vertueuses, ndlr), la proposition de planter du miscanthus est sortie, les trois agriculteurs ont décidé de tenter l’expérience.

Un choix raisonné
Installé à Méharicourt, en EARL unipersonnelle depuis 1993, Alexandre Deroo a décidé de mettre à disposition deux parcelles, l’une de 1,05 ha, l’autre de 0,76 ha, situées à Rosières-en-Santerre. Ce sont 2,88 ha d’une parcelle à Rosières-en-Santerre qu’utilisera Martin Chuffart. Frédéric Huyghe, installé depuis 1992 en SCEA avec son épouse, à Fouquescourt, tentera, lui, l’expérience sur une parcelle de 4,58 ha, située à Caix. Le point commun de ces parcelles ? Des terres de qualité moyenne et particulièrement hétérogènes (cranette, limon-argileux, bief à silex). «Plutôt que de passer du temps et consacrer de l’argent sur des parcelles à faible potentiel, autant partir sur une autre démarche», explique Frédéric Huyghe. «Compte tenu de leur faible qualité, on ne déploie pas de moyens pour cultiver ces parcelles. Cela n’en vaut pas la peine», ajoute Alexandre Deroo.
Autre argument et pas des moindres : le partenariat proposé par le Siep du Santerre est du gagnant-gagnant. En effet, ce dernier paie l’implantation de miscanthus (soit 3 000 e/ha par an), et Novabiom, start-up spécialisée dans les biomasses végétales, assure la plantation du miscanthus dans leurs parcelles respectives. «Nous n’aurons  qu’à préparer le terrain», indique Frédéric Huyghe. Autrement dit, leur intervention sera réduite au strict minimum. «On ne prend ainsi aucun risque en termes d’investissement, conclut Martin Chuffart. Si cela avait concerné des bonnes terres, cela m’aurait fait mal. Mais là, c’est vraiment intéressant pour nous, d’autant que ce sont des parcelles moyennement entretenues.» La récolte par an devrait être entre 8 et 12 t/ha, à compter de la troisième année de plantation.
Dernier intérêt : Novabiom s’engage à acheter la totalité de la production, soit 70 e/t, un prix certes peu rémunérateur, mais permettant une valorisation en attendant des débouchés plus lucratifs. «A nous d’être dynamique pour trouver une valorisation plus intéressante», commente Alexandre Deroo. Et faire ainsi rimer intérêt économique et environnement.


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